« 13 septembre 1844 » [source : BnF, Mss, NAF 16356, f. 149-150], transcr. Caroline Lucas, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5491, page consultée le 01 mai 2026.
13 septembre [1844], vendredi matin, 11 h. ¾
Bonjour mon bien-aimé, bonjour mon Victor chéri, bonjour le plus doux et le plus
généreux des hommes, bonjour, je baise tes pieds, je t’aime, je t’adore. Comment
vas-tu ce matin mon cher adoré ? Moi j’ai rêvé de cette ignoble femme toute la nuit.
Je regrette d’avoir si mal employé mon sommeil car vraiment cette créature ne vaut
pas
la peine qu’on s’occupe d’elle, même en rêve.
Mon cher adoré, mon noble Victor,
mon orgueil, ma joie, ma gloire, ma vie, mon âme, mon amour, sois bénia.
Quand te verrai-je mon Toto
chéri ? Mon âme se tourne vers toi comme certaines plantes vers le soleil. Je te suis
de la pensée et du désir. Je hâte ton retour de tous mes vœux et de toutes mes forces.
Je t’attends avec une ardente impatience. Je donnerais des années de ma vie pour
chaque minute qui hâterait ton retour. Tu ne peux pas savoir combien je t’aime, mon
Victor, c’est au-dessus de tout ce que tu peux désirer et imaginer. Le bon Dieu seul
peut connaître la grandeur de mon amour parce qu’il le voit dans toute son immensité.
Reviens bien vite, mon doux aimé. J’ai des trésors de tendresse et d’amour à te
donner et des morceaux de baisers à déposer sur ta jolie petite bouche.
Juliette
a « bénis ».
« 13 septembre 1844 » [source : BnF, Mss, NAF 16356, f. 151-152], transcr. Caroline Lucas, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5491, page consultée le 01 mai 2026.
13 septembre [1844], vendredi soir, 4 h. ½
Il ne faut rien moins que l’espoir de te voir ce soir, mon cher adoré, pour me faire
oublier tous mes maux et toutes mes maladresses. Je suis furieuse contre moi. Si je
pouvais me donner des coups, je le ferais avec volupté pour m’apprendre à être aussi
maladroite et aussi blaireuse que ça. Mais, tu
viens ce soir, je me pardonne et je ne souffre plus. Je suis
très heureuse, très heureuse !
Je vais faire faire une dictée à Claire tout à l’heure. Dans ce moment-ci elle étudie
son piano comme une enragée. Je ne sais pas si cette pauvre enfant travaille avec
fruit, mais je sais qu’elle ne perd pas une minute dans la journée. Ses récréations
même sont employées à faire des petits ouvrages charmants pour nous tous. Elle est
bien gentille à présent, et si elle avait un peu plus d’ordre, elle serait tout à
fait
charmante. Je te dis cela, mon cher adoré, parce que c’est à toi que je dois d’avoir
une bonne et charmante fille. Tu m’as consolée, guidée et éclairée dans les moment
difficiles de sa jeunesse. Je ne l’ai pas oublié, mon adoré, et je t’en remercie
devant Dieu à tous les instants de ma vie. Sois bénia, sois consolé à ton tour, mon cher Victor, dans ta ravissante
famille.
Juliette
a « bénis ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’ennuie, et commence à se plaindre de voir Hugo moins souvent, sans savoir qu’il a entamé une liaison passionnée avec une autre femme.
- Début octobrePetit voyage avec Hugo.
